Si tu penses déjà à l’été, sache qu’à moins de quatre heures de vol et de ferry depuis Rome, il existe une île de l’Adriatique qui détient un record au Guinness des records, avec des palais nobiliaires du XVe siècle et des baies où le silence est encore une réalité. Pas de complexe hôtelier, pas de front de mer artificiel, pas de bracelet « tout compris ». Elle s’appelle Šipan, c’est la plus grande des îles Élaphites et elle n’est qu’à un trajet en ferry de Dubrovnik.
Šipan : l’île qui a choisi de ne pas devenir célèbre
Seize kilomètres carrés de pierre claire, d’oliviers, de vignes et deux petits villages séparés par une vallée fertile. Šipan n’a pas d’aéroport, pas de chaînes hôtelières et n’a jamais misé sur le tourisme de masse.
Et pourtant, ceux qui s’y rendent — surtout entre mai et juin ou en septembre — ont tendance à revenir. Le rapport qualité-silence est difficile à trouver ailleurs dans l’Adriatique orientale.
Pour ceux qui vivent à Rome et qui, chaque mois d’août, doivent choisir entre le GRA du vendredi soir, une semaine au Circeo déjà réservée par tout le monde et Fiumicino aussi bondé que Termini, Šipan est une solution concrète : où partir en vacances cet été sans renoncer à la vraie mer, sans suivre le troupeau.
Avec les vols estivaux FCO-Dubrovnik déjà opérationnels pour l’été 2026 et les réservations de ferry vers les Élafites qui se remplissent à partir de juin, c’est le moment idéal pour s’y prendre.
Un record dans le Livre Guinness des records (et ce n’est pas celui auquel tu t’attends)
Quand on parle de records et d’îles méditerranéennes, on pense tout de suite à des chiffres liés au tourisme ou à la gastronomie. Šipan détient en revanche le record de la plus forte concentration d’oliviers par rapport à la superficie disponible.
La vallée qui relie les deux ports de l’île — Suđurađ à l’est et Šipanska Luka à l’ouest — est littéralement un paysage d’oliviers. Des murets en pierres sèches, de la terre rouge, des vignes, des figuiers et des cyprès complètent un tableau qui, à certains égards, rappelle les campagnes du Latium, de la Sabina ou de la Ciociaria, mais avec la mer Adriatique tout autour.
Parcourir ce trajet à pied ou à vélo n’est pas seulement une excursion : c’est comprendre physiquement pourquoi cet endroit a gagné sa place dans le livre des records.
À voir à Šipan : histoire, pierre et silence
Suđurađ, le port des familles d’armateurs
Suđurađ est le premier point d’arrivée pour de nombreux visiteurs. La baie intime, protégée des vents d’ouest, est dominée par les tours Renaissance de la famille Skočibuha, l’une des dynasties maritimes les plus influentes de la République de Raguse au XVIe siècle.
Le complexe a été construit sur le site d’un ancien chantier naval, d’où ont pris la mer de nombreux navires de la flotte de Raguse. Le palais de Vice Stjepović Skočibuha — façade symétrique, fenêtres en arc, cour intérieure — est l’un des plus beaux exemples d’architecture civile de la Renaissance de tout l’archipel.
Šipanska Luka et le palais du recteur

De l’autre côté, Šipanska Luka s’ouvre comme une longue et profonde crique qui ressemble plus à un lac alpin qu’à une baie maritime. Un effet visuel surprenant pour ceux qui arrivent de la haute mer.
Au-dessus du port se trouve le Palais du Recteur, construit en 1450 dans le style gothique tardif: c’était le centre administratif de la République de Raguse sur l’île. À quelques pas de là, l’église-forteresse du Saint-Esprit dévoile des meurtrières, des murs épais et des proportions défensives — un lieu conçu pour prier et, si besoin, résister aux incursions venues de la mer.
Velji Vrh, le point culminant
À 243 mètres d’altitude, Velji Vrh est le point culminant de l’île et de tout l’archipel. Le sentier monte à travers le maquis méditerranéen, le thym sauvage et le romarin. Du sommet, par temps clair, on aperçoit Lopud, Koločep, Mljet et la longue ligne de la péninsule de Pelješac.
Šipan et la République de Raguse : une île noble
Šipan est étroitement liée à Raguse, l’ancienne cité-État qui a dominé le commerce adriatique pendant des siècles, jusqu’à ce que Napoléon en décrète la fin en 1808.
Les familles patriciennes de Raguse utilisaient les îles Élaphites comme lieu de villégiature estivale et de représentation. Les villas et les palais de Šipan n’étaient pas de simples résidences secondaires : c’étaient des déclarations de pouvoir, des bâtiments construits pour durer.
Šipan, en tant que plus grande île de l’archipel, est devenue le siège du recteur, le fonctionnaire qui représentait Raguse dans les territoires dépendants. Le palais de 1450 à Šipanska Luka, en plus d’être un édifice médiéval de grande valeur, est la preuve que cette petite île était, au XVe siècle, un centre administratif important de l’une des républiques marchandes les plus sophistiquées de la Méditerranée.
Ça te va pour un week-end ou tu as besoin d’une semaine ?
Šipan se suffit à elle-même en trois nuits: on part le vendredi soir, on revient le lundi matin. Le trajet est court, l’île est petite — on explore les principaux sites en deux jours — et l’offre d’hébergement (appartements à louer et petites pensions familiales) se remplit vite en haute saison : mieux vaut réserver à l’avance.
Pour ceux qui veulent combiner Šipan avec Dubrovnik (patrimoine de l’UNESCO à moins de 80 minutes de ferry) ou explorer les autres îles Élaphites, une semaine est la durée idéale. Le niveau des prix sur l’île est généralement nettement plus bas que sur la côte dalmate plus connue : un avantage concret pour ceux qui partent de Rome avec un budget à gérer.
Comment s’y rendre depuis Rome
✈️ En avion + ferry — environ 4 heures (option recommandée)
Depuis Fiumicino (FCO), des vols directs partent pour Dubrovnik (DBV) avec différentes compagnies : Ryanair, Croatia Airlines et Vueling, pour une durée moyenne d’environ 1 heure et 15 à 20 minutes.
À ton arrivée à Dubrovnik, un bus de ligne ou un taxi te conduira au port de Gruž en 30 à 40 minutes environ. Depuis Gruž, les ferries Jadrolinija desservent les îles Élaphites toute l’année : la traversée jusqu’à Šipan dure entre 45 et 80 minutes, avec certains trajets faisant des arrêts intermédiaires à Koločep et Lopud. La plupart des trajets s’arrêtent à Suđurađ, mais certains continuent jusqu’à Šipanska Luka.
🚗 En voiture — pour des séjours d’une semaine ou plus
Depuis Rome, le trajet vers Dubrovnik s’étend sur environ 1 350 km en passant par la Slovénie et la Croatie, avec un temps de conduite de 12 à 14 heures. Ce n’est pas le choix le plus logique pour un week-end, mais ça vaut le coup si tu prévois des vacances plus longues, avec la possibilité de laisser la voiture à Dubrovnik et de te déplacer ensuite en ferry.
📅 Quand y aller
Mai-juin et septembre-octobre restent les meilleures périodes : climat idéal, mer chaude, affluence réduite au minimum. Juillet et août apportent plus d’animation dans les ports, mais Šipan conserve un calme surprenant par rapport à la côte dalmate plus célèbre. Dans tous les cas : réserve tes ferries et ton hébergement à l’avance en haute saison.