À l’autre bout du monde, l’ingénierie aérospatiale teste une révolution qui pourrait transformer radicalement le ciel : une gigantesque « aile volante » capable de voyager à près de 1 000 km/h, en transportant à son bord l’équivalent des habitants d’un pâté de maisons romain tout entier.
Le géant des cieux qui défie Airbus et Boeing
C’est le Centre chinois de recherche et de développement aérodynamique (CARDC) qui développe ce projet. Les chiffres, publiés par le South China Morning Post, laissent entrevoir un géant sans précédent : 43 mètres de long et une envergure de 85 mètres, des dimensions qui surpassent même l’immense Airbus A380. Il devrait voler à une vitesse de croisière prévue de 987 km/h, bien supérieure à la moyenne actuelle. Mais la vraie nouveauté, ce n’est pas seulement sa taille, c’est sa forme.
Le design choisi s’appelle « Blended Wing Body » ( BWB). En gros, l’avion n’a pas de fuselage central distinct : la cabine et les surfaces portantes ne font qu’une seule et même énorme structure aérodynamique. Cette configuration bouleverserait l’expérience à bord. L’énorme largeur de la cabine permettrait de dire adieu aux trois rangées de sièges classiques séparées par des couloirs étroits. L’intérieur serait réaménagé en véritables espaces lounge, des zones réservées aux familles et des cabines séparées.
Il y a cependant un compromis en termes d’espace : la grande majorité des 800 passagers voyagerait dans les sections centrales, très loin des parois extérieures. La solution des ingénieurs ? Remplacer le plastique et le verre par la technologie. Le projet prévoit des hublots numériques : des écrans ultra-haute définition, reliés à des caméras extérieures, capables de projeter le panorama environnant en temps réel pour te donner l’impression de voler, même au milieu de la cabine.
Le goulot d’étranglement : pourquoi les aéroports sont les vraies limites
Un avion avec une envergure de 85 mètres est aujourd’hui structurellement incompatible avec la quasi-totalité des aéroports. Pour qu’il puisse atterrir et manœuvrer, des aéroports comme celui de Fiumicino devraient être profondément modifiés : il faudrait élargir les voies de circulation, réaménager les portes d’embarquement et construire de nouveaux hangars sur mesure. À cela s’ajoutent des défis techniques qui restent à valider en matière de sécurité et de pressurisation de la cabine, comme le rapporte Leggo.
Pour l’instant, ce colosse reste un banc d’essai ambitieux pour le plan à long terme de Pékin, qui travaille en parallèle sur le C929 (long-courrier) et sur de futurs avions-cargos supersoniques.